Harry Potter et le mystère de la Chouette Effraie
Harry se réveilla en sursaut, une main plaquée sur sa
cicatrice. Il mit ses lunettes et s’assit sur son lit. Lorsque la douleur qui lui
traversait le front se fut apaisée, il quitta la chaleur de ses couvertures et
alla s’asseoir sur le rebord d’une des fenêtre, songeur. Il savait, par
expérience, que la plupart de ses rêves étaient réels, lorsque Voldemort
laissait libre cours à sa colère où à ses projets meurtriers et sa soif de
pouvoir. Autrement dit, à l’heure qu’il était, Rogue était en mauvaise posture.
Harry frémit à la pensée de ce qui attendait son professeur, oubliant même la
haine qu’il éprouvait habituellement envers lui. Il passa ainsi un long moment,
perdu dans ses pensées. En fait, il s’était trompé sur le compte du professeur
qui semblait bien décidé à rester fidèle à Dumbledore, même au point de subir
la colère de son ancien maître, le Seigneur des Ténèbres.
Perdu
dans ses pensées, il resta un long moment, appuyé à la vitre froide.
Vers
deux heures du matin, avant de regagner son lit, il jeta un dernier regard au
parc plongé dans la pénombre, quand quelque chose, à l’extérieur, attira son
attention. Un rapace planait silencieusement au dessus des arbres, à la lisière
de la forêt interdite. Ce n’était pas la première fois que Harry voyait ce
hibou Grand-duc au plumage foncé, tirant presque sur le noir. Il survolait en
cercles la forêt, sûrement à la recherche d’un quelconque repas. Mais Harry
réalisa alors que la zone que survolait l’animal ne contenait pas la moindre
clairière, il ne risquait donc pas de voir de petits mammifères courant dans
l’herbe, étant donné l’épaisseur du feuillage des arbres de la forêt.
“Qu’est-ce
que...?”
Intrigué
par le comportement du rapace, Harry scruta avec attention la forêt, à la
recherche de ce qui intéressait autant le Grand-Duc. L’adolescent aperçut
alors, une forme blanche et rousse, blottie dans l’ombre, sur une branche d’un
gros orme, au bord de la forêt. La chouette effraie paraissait se cacher,
semblant vouloir échapper au hibou noir qui planait, menaçant, en cercles de
plus en plus larges.
Finalement,
le gros rapace s’éloigna vers les profondeurs de la forêt, de son vol presque
nonchalant. Harry reporta son attention sur la chouette effraie qui conservait
son immobilité sur sa branche. Mais, peu après, elle quitta son refuge et
s’élança dans le ciel nocturne. L’adolescent la suivit des yeux, jusqu’à ce
qu’elle disparaisse, à l’angle du château.
Vraiment,
ces deux hiboux avaient vraiment une étrange attitude. Finalement, lassé de se
poser des questions, Harry quitta la fenêtre, et regagna son lit, où il resta
encore un long moment, les yeux aux plafond, scrutant l’obscurité, jusqu’à ce
qu’il se rendorme, le sommeil l’emportant sur son esprit épuisé.
“-
Allez, debout, Harry ! lui lança Ron, quelques heures plus tard.
- Ouais ! Ouais !
- Hé, ça t’arrive souvent de garder tes
lunettes pour dormir ?
- Euh non ! J’ai dû oublier de les enlever,
hier soir !” admit Harry, en réalisant qu’il avait toujours ses lunettes, et en
s’asseyant sur son lit.
Une
fois prêt, Harry quitta la tour de Gryffondor, en compagnie de Ron et de
Neville, pour rejoindre la grande Salle.
“-
Salut les gars ! Bien dormi ? leur lança Hermione, quand ils la rejoignirent à
la table des Gryffondor.
- Oui ! Déjà au travail à ce que je vois ?”
observa Harry, tandis que Hermione, le nez dans un de ses livres, se beurrait
un toast, d’un air distrait.
Hermione
ne répondit pas, plongée dans sa lecture. Harry échangea un regard perplexe
avec Ron qui se contenta de hausser les épaules, alors qu’ils se laissaient
tomber sur les chaises qu’Hermione leur avait réservées.
“-
Vous êtes bien silencieux ce matin ! leur lança Fred, assis un peu plus loin.
Ca va pas ?
- T’en fait pas, c’est seulement Hermione qui
est plongée dans ses bouquins...! observa Ron, avec une sorte de résignation
feinte.
- Ah d’accord...! Alors, vous avez quoi comme
cours aujourd’hui ?
- Euh, on commence avec un cours de...!”
Ron
s’interrompit, lorsque les hiboux s’engouffrèrent dans la Grande Salle, dans le
froissement, désormais habituel, de plumes. Une chouette hulotte lâcha un
exemplaire de la Gazette du sorcier devant Hermione, qui leva la tête de son
livre, le temps de prendre le journal et de jeter un oeil à la une.
“-
Alors, quoi de neuf ? demanda Harry, à l’adresse de son amie.
- Rien de spécial ! Toujours les mêmes choses
! observa-t-elle, en montrant d’un geste assez éloquent, une photo de la Marque
des Ténèbres qui s’étalaient sur la première page, accompagnant un gros titre “De
nouveaux massacres, chez les Moldus”.
- Génial ! marmonna Ron. On avait vraiment
besoin de ça pour commencer la journée et...! Harry, t’as du courrier !”
L’adolescent,
étonné, se retourna pour se retrouver, à sa plus grande surprise, face à une chouette
effraie, posée sur la table, qu’il reconnu aussitôt… ! La chouette effraie
qui lui avait apporté la Carte du maraudeur chez Ron, cette même chouette dont
le plumage, plus doré que roux, et blanc, qu’il avait vu, la veille au soir,
semblant se cacher du Grand-Duc. La même qu’il avait vu, le soir où la Marque
des Ténèbres était apparue. Le petit rapace l’observa de ses yeux ambrés, puis
tendit vers l’adolescent une de ses pattes, où était attachée un message. Dès
que Harry eut détaché la lettre, l’animal laissa échapper un bref hululement,
et repartit vers l’une des fenêtre, avant de disparaître à l’extérieur… !
Avant
d’avoir pris le temps de réfléchir à ce qu’il faisait, il se leva d’un bond,
emporté par sa curiosité de savoir à qui appartenait cette chouette. Il l’avait
trop souvent vu au dessus de la forêt interdite…
“-
Harry ? Où vas-tu ? s’étonna Ron.
Je
reviens tout de suite !” se contenta-t-il de répondre, avant de se
précipiter vers la porte, et de quitter la pièce, sans ralentir pour autant,
claquant la porte derrière lui.
Continuant sur sa lancée, Harry traversa rapidement le
Hall et dévala les quelques marches qui le menèrent au parc. Là, il s’arrêta,
le nez en l’air, scrutant le ciel bleu à la recherche du rapace. Mais rien, pas
le plus petit éclat doré, pas le plus petit frottement de plumes n’attira son
attention. Un peu désappointé, il reporta son attention vers la forêt interdite
dont les branches au feuillage automnal s’animaient au grès de la brise qui
soufflait. Perdu dans ses pensées, il ne s’aperçut pas que quelqu’un
l’observait depuis l’entrée du hall.
Si il
avait été un peu moins pressé, Harry aurait pu remarquer que Dumbledore avait
quitté la table des professeurs, l’air troublé, pour sortir à la suite de
l’adolescent. La chouette effraie qui avait apporté la lettre à Harry ne lui
avait pas échappée, contrairement à la quasi-totalité des personnes rassemblées
dans la vaste pièce. Depuis le hall, il observa un moment, le jeune garçon,
immobile, au milieu de la vaste étendue du parc et qui semblait perdu dans ses
pensées. Il soupira avec un soulagement apparent, et, se détournant, retraversa
le hall, vers l’escalier de marbre.
Harry resta un long moment immobile. Finalement, il
regagna la Grande Salle.
“Enfin de retour ! lui lança Ron. Au fait, tu avais
oublié ça !” ajouta-t-il en lui tendant la lettre que l’effraie lui avait
apportée un peu plus tôt.
A quoi cela avait-il servit de vouloir poursuivre la
chouette alors que le message lui indiquerait sûrement son propriétaire ?
Hâtivement, Harry déplia le parchemin.
“- C’est de qui ? demanda Ron, en voyant la
déception de son ami.
- Ce n’est pas signé… ! observa Harry,
en s’intéressant au contenu, bref, du parchemin , et conçut en ces
termes :
“Harry,
Cette lettre risque sûrement de te paraître bien étrange,
mais je devais quand même t’avertir… ! Désormais, il faut que tu évites
d’envoyer ta chouette porter du courrier, et cela à qui que se soit… ! Tu
as peut-être eu l’occasion de remarquer un Grand-Duc noir au dessus de la
forêt ? Et son rôle est d’abattre tout hibou, porteur de courrier… !
Il se peut que je me trompe mais…pour le bien de ta chouette, mais aussi pour
le tien et pour celui de ton correspondant, évite, autant que possible
d’envoyer du courrier… !”
L’adolescent se tourna vers deux amis qui affichaient
tous deux une expression étonnée
“- Eh ben ! Ca promet, un hibou qui attaque les
autres hiboux pour les empêcher d’apporter les lettres à leur
destinataire… !
- C’est le
Grand-Duc de Voldemort ! observa Harry.
- Ne prononce pas
son nom ! marmonna Ron d’une voix sifflante.
- Comment sais-tu ça, Harry ?” s’étonna Hermione.
L’adolescent leur rapporta, rapidement, le rêve qu’il
avait fait la veille.
“- Tu devrais dire ça à Dumbledore, Harry ! conseilla
Hermione, en rouvrant distraitement son livre.
- Hum !” se
contenta de répondre Harry, avant de ranger le parchemin et de s’intéresser à
son petit-déjeuner.
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